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HIMSS 2026 : Ce que cette édition nous dit vraiment sur l’hôpital de demain

Retour sur HIMSS - Adeline Icard

Il y a des événements que l’on suit. Et d’autres que l’on vit.

HIMSS 2026 fait clairement partie de la seconde catégorie.

Au-delà des annonces, des démonstrations et des chiffres, c’est une semaine qui m’a marquée par l’intensité des échanges, la qualité des rencontres et surtout par un sentiment très net : nous sommes en train de franchir un cap dans la transformation numérique des systèmes de santé.

Tout a commencé bien avant Las Vegas

Avant même d’arriver sur le salon, nous avons eu la chance d’accompagner les délégations SwissEnov et Catel dans un voyage d’étude au cœur de la Silicon Valley.

Et c’est sans doute là que tout s’est joué.

Stanford, UCSF, Google, NVIDIA… autant de lieux emblématiques, mais surtout autant de manières différentes de penser l’innovation.

Ce qui m’a frappée, ce n’est pas la technologie en elle-même, c’est son niveau de maturité.

L’intelligence artificielle n’est plus un sujet de projection ou d’expérimentation. Elle est déjà intégrée, concrète, opérationnelle. Elle soutient les cliniciens, fluidifie les parcours, structure les organisations.

Et surtout, elle redéfinit profondément le rôle de l’IT hospitalier : on ne parle plus d’un outil support, mais d’une véritable colonne vertébrale stratégique.

À HIMSS, une confirmation : on est passé de la promesse à l’usage

En arrivant à Las Vegas, ce ressenti s’est confirmé.

Dès les premières sessions, une conviction forte s’est imposée : l’IA en santé ne vaut que si elle est utilisée. Et pour cela, elle doit être fiable, gouvernée et parfaitement intégrée dans les pratiques.

C’est un changement fondamental.

Pendant longtemps, nous avons parlé d’innovation. Aujourd’hui, nous parlons d’adoption, d’impact et de valeur.

Les discussions ne tournent plus autour de « ce qui est possible », mais de « ce qui fonctionne vraiment ». Comment faire gagner du temps aux soignants ? Comment rendre l’information plus accessible ? Comment améliorer concrètement la coordination des soins ?

Et derrière toutes ces questions, un fil rouge : la donnée.

La donnée n’est plus un sujet technique. C’est un sujet stratégique.

C’est probablement l’un des enseignements les plus forts de cette édition.

Partout, la même réalité : sans interopérabilité, pas de transformation possible.

Les systèmes de santé qui avancent sont ceux qui ont réussi à décloisonner, à structurer, à valoriser leurs données. Ceux qui ont compris que la donnée n’est pas un sous-produit, mais un actif stratégique.

Et cela change tout.

Cela change la manière de piloter un établissement. Cela change la manière de collaborer. Cela change, au fond, la manière de soigner.

Le regard français : la restitution Catel à Tech4Health

Quelques semaines après HIMSS, la restitution organisée par le Catel à Tech4Health a offert un prolongement précieux à cette expérience. Plusieurs acteurs du système de santé français (institutionnels, directeurs d’établissements, médecins, pharmaciens, responsables du numérique) y ont partagé leurs enseignements du voyage d’étude.

Le constat est unanime : aux États-Unis, le numérique n’est plus un sujet à part. Il constitue désormais l’infrastructure même du système de santé. L’IA, quant à elle, est entrée dans une phase de maturité opérationnelle, avec des usages concrets déployés à grande échelle.

Ce qui a particulièrement retenu mon attention, c’est la convergence des regards. Qu’il s’agisse de la souveraineté numérique évoquée par la Délégation au Numérique en Santé, de la transformation organisationnelle soulignée par les directeurs d’hôpitaux, ou de la mutation profonde de la médecine portée par l’explosion des données de santé, les intervenants s’accordent sur un point essentiel : la transformation n’est pas d’abord technologique, elle est organisationnelle et orientée service.

Plusieurs exemples concrets illustrent cette réalité. Des établissements américains ont intégré le numérique comme un véritable système nerveux permettant de fluidifier les parcours, d’optimiser le temps soignant et de piloter l’activité en temps réel. Le suivi en direct des patients au bloc opératoire pour les familles, par exemple, réduit l’anxiété des proches et les sollicitations des équipes. L’innovation ne réside pas dans l’outil, mais dans la manière de repenser les usages.

De l’outil à la plateforme : la donnée comme socle

L’un des messages les plus structurants de cette restitution concerne la maîtrise de la donnée. Le véritable enjeu n’est pas l’accumulation d’outils, mais la construction de plateformes de données structurées capables de répondre à plusieurs finalités : pilotage et performance, usages cliniques, recherche et développement de l’IA.

Ce constat résonne avec ce que nous observons sur le terrain. Les grands socles technologiques se stabilisent, les plateformes s’unifient, et les usages viennent désormais se brancher sur des infrastructures de données plus matures.

La différence entre ceux qui avancent et les autres ne tient pas à la capacité d’innovation, mais à l’existence d’un socle qui permet de passer à l’échelle.

C’est aussi ce que rappelait Nicolas Eiferman, Directeur Général InterSystems France, Belelux & Nordics lors de la restitution : l’IA entre désormais dans les processus métiers. L’enjeu n’est plus seulement l’application, mais la plateforme de données qui rend possibles les usages futurs, capter la donnée au fil de l’activité, la stocker de façon standardisée, la rendre exploitable avec les nouvelles générations de modèles.

Passer de l’expérimentation à la stratégie

Un message fort traverse à la fois HIMSS et la restitution Catel : la France n’est pas structurellement en retard. Elle dispose des compétences, des talents et des acteurs. Mais elle doit changer d’échelle.

Cela suppose de sortir de la logique de preuves de concept permanentes, de faire du numérique et de l’IA un choix stratégique structurant, de renforcer la gouvernance et la maîtrise des données, et de développer la coopération entre établissements. Comme le formulait Virginie Valentin, directrice générale du CHU de Rennes, l’IA n’est plus un outil isolé ni une expérimentation : elle devient une infrastructure.

Il faut repenser le système d’information hospitalier dans son ensemble, en sortant du millefeuille applicatif pour construire un socle robuste.

Et derrière cette ambition, un enjeu social, organisationnel et de formation considérable. L’IA peut libérer du temps pour revenir au soin, mais elle va aussi transformer les métiers, faire émerger de nouveaux rôles, et nécessiter une intégration pleine de tous les professionnels, y compris les pharmaciens hospitaliers, encore trop souvent absents des gouvernances numériques. Sans oublier un risque soulevé lors de la restitution : l’innovation pourrait accentuer les inégalités entre établissements selon leur maturité numérique.

Ce qui fait vraiment la différence : les échanges

Mais HIMSS, ce n’est pas uniquement des conférences ou des stands.

Ce sont aussi, et surtout, des conversations.

Celles que l’on a eues avec les délégations, avec les clients, avec les partenaires. Celles qui commencent parfois autour d’une démo… et qui se poursuivent bien après.

Ce sont ces moments qui permettent de prendre du recul, de confronter les visions, de partager des retours d’expérience concrets. Et la restitution Catel à Tech4Health en a été un prolongement remarquable : un espace où établissements, industriels, soignants et institutionnels ont construit ensemble une lecture commune de ce qu’ils avaient observé.

Cette année encore, une chose m’a marquée : les enjeux sont globaux, mais les réponses se construisent collectivement.

Une fierté particulière cette année

Impossible de revenir sur cette édition sans évoquer une grande fierté pour nos équipes.
Voir InterSystems TrakCare reconnu Best in KLAS en France, sur la base des retours des professionnels de santé, a une résonance particulière.

Parce que derrière cette distinction, il y a l’essentiel : l’usage réel.

Ce sont les équipes terrain qui parlent. Ce sont les utilisateurs qui valident.

Et dans un contexte où tout s’accélère, cela rappelle une chose simple mais essentielle : la technologie n’a de valeur que si elle est adoptée.

Ce que je retiens, personnellement

Si je devais résumer HIMSS 2026 en une idée, ce serait celle-ci :

Nous ne sommes plus en train d’explorer le futur. Nous sommes en train de le déployer.

L’IA est là. La donnée est là. Les solutions existent.

Le véritable enjeu, désormais, c’est l’exécution.

Comment passer à l’échelle ? Comment accompagner le changement ? Comment aligner technologie, usages et organisations ?

La question n’est plus de savoir s’il faut y aller, mais à quelle vitesse et avec quelle gouvernance.

C’est là que tout se joue. Et c’est aussi là que, collectivement, nous avons un rôle à jouer.

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