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L'intelligence décisionnelle : le chaînon manquant entre les objectifs de développement durable et l'impact concret

Two people reviewing business performance data during an office meeting. A laptop displays charts and analytics dashboards while printed reports with graphs and metrics are spread across a conference table. One person gestures toward the data as another holds a pen while discussing results.

Le développement durable est désormais une priorité pour les conseils d'administration. Les engagements en faveur de la neutralité carbone, le reporting ESG et les contraintes réglementaires sont désormais la norme dans tous les secteurs d'activité. Le cadre fondamental du développement durable est souvent décrit comme reposant sur trois piliers : les dimensions économique, environnementale et sociale, communément appelées « bénéfices », « planète » et « personnes ». Ces trois piliers sont étroitement liés, et une véritable durabilité passe par un équilibre entre la protection de l'environnement, l'équité sociale et la viabilité économique. L'importance relative de chaque pilier peut varier en fonction du contexte, mais tous sont essentiels à la réussite à long terme. Pourtant, pour de nombreuses organisations, le développement durable reste davantage une aspiration qu'une réalité. L'écart ne tient pas à l'intention, mais à la prise de décision. C'est là qu'intervient l'« intelligence décisionnelle ».

L'intelligence décisionnelle associe la science des données, l'intelligence artificielle (IA), les sciences du comportement et la théorie de la décision afin d'améliorer le processus décisionnel des organisations. Fondamentalement, l'intelligence décisionnelle comble le fossé entre les enseignements tirés des données et les actions concrètes, transformant ainsi l'analyse en choix plus judicieux et en résultats mesurables.
L'intelligence décisionnelle représente la prochaine étape de l'évolution de la gestion basée sur les données, en intégrant la science des données, l'intelligence artificielle et l'expertise humaine afin d'optimiser la prise de décision à grande échelle. En intégrant l'intelligence à chaque niveau opérationnel, les données fragmentées sont transformées en vision stratégique et en exécution résiliente. Plutôt que de se substituer aux décideurs humains, l'intelligence décisionnelle vient les compléter. Cela permet d'obtenir des recommandations adaptées au contexte, des évaluations des risques et des analyses de scénarios qui conduisent à des résultats de meilleure qualité, plus rapides et plus cohérents.

Les trois piliers du développement durable

Durabilité environnementale

La durabilité environnementale est un pilier du développement durable ; elle met l'accent sur la gestion responsable des ressources naturelles et la réduction de la pollution environnementale. Alors que le changement climatique, la perte de biodiversité et les émissions de gaz à effet de serre constituent des enjeux de plus en plus urgents, les organisations prennent conscience de la nécessité d’adopter des pratiques commerciales durables visant à réduire au minimum les impacts négatifs sur l’environnement. Cela passe notamment par la réduction des déchets, la transition vers les énergies renouvelables et la protection de l'environnement naturel.

Considérations économiques

Le développement économique est souvent considéré comme incompatible avec la préservation de l'environnement, mais le développement durable démontre que la croissance économique et la protection de l'environnement peuvent aller de pair. La durabilité économique implique l'adoption de pratiques commerciales qui favorisent la prospérité à long terme sans épuiser les ressources naturelles ni causer de dommages à l'environnement. Cela passe notamment par l'optimisation de l'utilisation des matières premières, l'amélioration du rendement énergétique et la mise en œuvre de stratégies efficaces de gestion des déchets.

Dimensions sociales

La dimension sociale du développement durable est essentielle à la construction de sociétés inclusives et équitables. La durabilité sociale vise à promouvoir l'équité sociale, à réduire la pauvreté et à garantir l'accès à l'éducation, aux soins de santé et aux droits fondamentaux. Les objectifs de développement durable, tels que l'ODD n° 1 (Élimination de la pauvreté) et l'ODD n° 4 (Éducation de qualité), soulignent l'importance de s'attaquer aux défis sociaux parallèlement aux préoccupations environnementales et économiques.

Intelligence décisionnelle et développement durable

InterSystems a mené une enquête auprès de 450 professionnels chevronnés et parties prenantes de la chaîne logistique afin d'examiner les principaux défis technologiques, les tendances et les stratégies décisionnelles en matière de chaîne logistiqueà travers cinq cas d'utilisation courants : l'optimisation de l'exécution des commandes ; l'analyse et la prévision de la demande ; l'orchestration de la chaîne logistique ; l'optimisation de la planification de la production ; et les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ces cas d'utilisation spécifiques illustrent la manière dont l'orchestration répond aux scénarios et aux exigences uniques de la chaîne d'approvisionnement. Cet article porte sur le reporting ESG et la conformité. Afin de promouvoir le développement durable, les organisations se fixent de plus en plus souvent des objectifs clairs en la matière, qui orientent leurs efforts pour atteindre leurs objectifs environnementaux et favoriser des pratiques durables dans l’ensemble de leurs activités.

Les participants à l’enquête ont été invités à identifier leurs principaux défis en matière de suivi des critères ESG au sein de leur chaîne d’approvisionnement. Le principal défi réside dans le manque de visibilité en temps réel sur les données tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Ce manque de visibilité n'entraîne pas seulement un manque d'efficacité ; il compromet directement les résultats en matière de développement durable. Le développement durable repose sur des milliers de décisions opérationnelles, telles que l'approvisionnement auprès de sources durables, la réduction du gaspillage alimentaire et la mise en place d'emballages réutilisables ; or, sans données disponibles en temps opportun, ces décisions sont prises à l'aveuglette.

Un deuxième défi réside dans la faiblesse des mécanismes de reporting entre les partenaires de la chaîne d'approvisionnement et les fournisseurs. Les données ESG sont difficiles à harmoniser, à normaliser et à mettre à disposition en temps réel. De ce fait, les organisations se fient à des données historiques plutôt qu'à la réalité du terrain. Cela a pour conséquence que les initiatives en matière de développement durable sont davantage réactives que proactives. Le suivi des émissions de carbone et l’exploitation des avancées technologiques en matière de collecte et d’analyse des données sont essentiels pour permettre aux organisations de gérer de manière proactive leurs objectifs de développement durable et d’en rendre compte.
Les participants à l’enquête ont également été invités à évaluer leur confiance dans leur capacité à mettre en place un suivi ESG de leur chaîne d’approvisionnement conforme aux exigences au cours des 12 prochains mois. Bon nombre des principaux problèmes rencontrés par les personnes interrogées en matière de suivi ESG concernent le manque d'accès aux données nécessaires ou leur manque de visibilité. Ces problèmes liés aux données les empêchent de répondre aux exigences essentielles en matière de suivi ESG, puisque seuls 12 % des personnes interrogées sont déjà en conformité avec ces exigences et que seules 26 % d'entre elles se disent très confiantes quant à leur capacité à s'y conformer au cours des 12 prochains mois. Compte tenu des sanctions financières, mais aussi des risques potentiels tels que l'atteinte à la réputation et les répercussions opérationnelles découlant d'un manquement aux obligations, l'amélioration du reporting ESG devrait constituer une priorité pour la chaîne d'approvisionnement. Parmi les améliorations pratiques, on peut citer la mise en œuvre de mesures d'efficacité énergétique, telles que le passage à un éclairage LED, l'installation de détecteurs de mouvement et l'utilisation de thermostats programmables ; l'amélioration de la gestion des déchets grâce à des programmes de recyclage efficaces et le passage au stockage numérique des documents ; ainsi que l'adoption de pratiques visant à économiser l'eau, comme l'installation de robinets et de toilettes à faible débit. La gestion durable des autres ressources, notamment les matières premières naturelles et la faune sauvage, est également essentielle pour garantir qu’elles ne s’épuisent pas plus vite qu’elles ne peuvent se renouveler, contrairement aux ressources non renouvelables.

L'absence de données harmonisées dans les analyses aggrave encore les défis liés aux critères ESG, notamment en ce qui concerne les émissions de carbone et de gaz à effet de serre issues des processus de production des entreprises interrogées, des activités de leurs fournisseurs et de leur propre logistique. En effet, lorsqu'on analyse les données en fonction de la taille des entreprises, 75 % des sociétés du classement Fortune 500 indiquent que les émissions de carbone et de gaz à effet de serre liées à leurs propres processus de production constituent l'un des principaux défis en matière de collecte et d'analyse des données. La protection des habitats et la gestion des ressources en eau sont également essentielles pour assurer la survie d'une grande diversité d'espèces, préserver les services écosystémiques et protéger la santé humaine, autant d'éléments indispensables à la réalisation des objectifs environnementaux à long terme.

Le problème du développement durable ne réside pas dans la stratégie, mais dans les décisions prises pour les générations futures

La plupart des organisations savent déjà ce qu' elles doivent faire en matière de développement durable. Cela implique notamment de réduire les émissions, de limiter au maximum les déchets, d'optimiser l'utilisation des ressources et de mettre en place des chaînes d'approvisionnement résilientes et éthiques, entre autres. Le défi consiste à mettre en œuvre ces objectifs à travers des milliers de décisions opérationnelles quotidiennes, tout en trouvant le juste équilibre entre l'importance relative des objectifs économiques, environnementaux et sociaux. Pour parvenir à la durabilité, les organisations doivent évaluer les compromis et hiérarchiser leurs actions, en tenant compte du fait que ces dimensions sont souvent en concurrence et doivent être gérées conjointement au fil du temps.

Prenons l’exemple suivant :
Un hôpital devrait-il changer de fournisseur pour en choisir un moins cher mais plus polluant ?

Il ne s’agit pas ici d’une question stratégique de haut niveau. C'est le genre de micro-décisions quotidiennes que les organisations doivent prendre, souvent sans avoir une vision claire des compromis en matière de développement durable. De nombreux choix opérationnels sont influencés par les effets négatifs de l'activité humaine, tels que le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. La formule IPAT (Impact = Population × Richesse × Technologie) permet d'illustrer comment la croissance démographique, les modes de consommation et les progrès technologiques sont à l'origine de ces impacts environnementaux. En l'absence d'un système pour les guider, le développement durable devient incohérent, réactif et difficile à mettre en œuvre à grande échelle. De plus, les systèmes durables sont mieux à même de faire face aux chocs économiques, aux crises sanitaires et aux catastrophes environnementales, ce qui met en évidence l'importance de la résilience à long terme. Cependant, le développement durable est un objectif à long terme qui ne peut être atteint en quelques années seulement ; il exige un engagement constant et une adaptation permanente. Les entreprises rencontrent également des difficultés pour évaluer l’impact de chaque société, hiérarchiser les impacts environnementaux et anticiper les réactions face à l’évolution des incitations, ce qui rend la transition vers le développement durable complexe.
L’intelligence décisionnelle rend le développement durable opérationnel en l’intégrant directement dans les processus décisionnels. Fondamentalement, une plateforme d'intelligence décisionnelle remplit trois fonctions :

  1. Harmonise les données à l'échelle de l'entreprise, créant ainsi une base unique et fiable pour la prise de décision. Les données relatives au développement durable sont notoirement fragmentées, dispersées entre les systèmes de la chaîne d'approvisionnement, les plateformes financières, les compteurs d'énergie et les partenaires externes. L'intelligence décisionnelle intègre des données opérationnelles (stocks, logistique, production), des données environnementales (émissions, consommation d'énergie, déchets) et des signaux externes (risques liés aux fournisseurs, évolutions réglementaires, données climatiques).
  2. Ces modèles permettent d'évaluer les compromis en temps réel, faisant ainsi passer la durabilité du simple statut d'exercice de reporting à une véritable capacité d'aide à la décision. Les décisions en matière de développement durable sont rarement binaires. Elles impliquent des compromis entre le coût, les niveaux de service, les risques et l'impact environnemental. L'intelligence décisionnelle s'appuie sur l'apprentissage automatique pour prévoir les résultats, sur des modèles d'optimisation pour concilier des objectifs contradictoires et sur la simulation pour tester des scénarios hypothétiques. Cela permet à une équipe chargée de la chaîne d'approvisionnement de comparer, par exemple, des itinéraires de transport plus respectueux de l'environnement et les retards de livraison, des changements de fournisseurs et leurs répercussions sur les coûts et les risques, ou encore des stratégies de gestion des stocks et la réduction des déchets.
  3. Il favorise la mise en œuvre d'actions grâce à des recommandations visant à garantir une prise de décision cohérente et évolutive, en adéquation avec les objectifs de développement durable. Les informations à elles seules ne changent pas les résultats ; ce sont les décisions qui le font. Les plateformes d’intelligence décisionnelle génèrent des prévisions et des optimisations (par exemple, un plan d’approvisionnement générant le moins d’émissions possible), des simulations et des scénarios (par exemple, l’impact d’un changement de fournisseur), ainsi que des recommandations stratégiques (par exemple, la réaffectation des stocks pour réduire le gaspillage).

Du reporting ESG à la mise en œuvre des critères ESG et aux pratiques durables

Japanese farmers are collecting soil samples to analyze soil fertility with testing tools and record data via a tablet computer in their crop fields.
 

De nombreuses organisations en sont encore au stade de la mesure : elles suivent leurs émissions, publient des rapports et fixent des objectifs. L'intelligence décisionnelle permet de passer au mode d'exécution. Ce mode d'action consiste à intégrer le développement durable dans les activités quotidiennes, à étendre les décisions à l'ensemble de l'entreprise et à améliorer en permanence les résultats. Pour faire progresser le développement durable, les organisations doivent s'appuyer sur le leadership, l'engagement communautaire et des actions stratégiques à tous les niveaux. En substance, cela permet de combler le fossé entre la théorie et la pratique, les objectifs environnementaux guidant la transition entre le reporting ESG et la mise en œuvre.
Le développement durable est, en fin de compte, le résultat de milliers de décisions interdépendantes. Sans un système pour orienter ces décisions, même les meilleures stratégies s'avèrent insuffisantes. L'intelligence décisionnelle offre ce système. Elle relie les données, modélise les compromis, suscite des actions et apprend au fil du temps, transformant ainsi le développement durable, qui n'était au départ qu'une simple obligation de reporting, en un avantage concurrentiel. L'action en faveur du climat est un élément essentiel à la réalisation des objectifs environnementaux, et l'alignement des pratiques commerciales sur les engagements mondiaux en matière de climat est indispensable pour garantir un succès à long terme.

Les Nations unies ont adopté les Objectifs de développement durable (ODD) en 2015 dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, afin de relever les défis mondiaux tels que la pauvreté, les inégalités, le changement climatique et la dégradation de l’environnement. Les 17 ODD comprennent des objectifs visant à promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète, en reconnaissant que la lutte contre la pauvreté et les efforts visant à l'éradiquer doivent aller de pair avec des stratégies de croissance économique et d'inclusion sociale. Les ODD comprennent 169 cibles qui nécessitent des transformations dans les domaines de l'éducation, de la recherche, de l'innovation et du leadership afin de relever les défis les plus urgents auxquels le monde est confronté.

Évaluation des progrès réalisés

Il est essentiel de mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable afin de garantir la transparence et de favoriser une amélioration continue. Les Nations Unies ont mis au point un ensemble complet d'indicateurs permettant de suivre les progrès réalisés dans des domaines tels que la réduction de la pauvreté, l'éducation, la santé et la protection de l'environnement. Une évaluation régulière permet d'identifier les domaines prioritaires, de suivre l'efficacité des pratiques en matière de développement durable et d'orienter les actions futures.

La collaboration entre les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile est essentielle pour faire progresser les efforts en faveur du développement durable et construire un avenir durable. Cela passe notamment par le recours aux énergies renouvelables, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la mise en œuvre de pratiques durables dans tous les secteurs. En travaillant ensemble et en nous appuyant sur une prise de décision fondée sur les données, nous pouvons accélérer les progrès vers le développement durable, protéger l'environnement et garantir un monde meilleur pour les générations futures.
Découvrez l'intégralité des résultats de l'enquête ici.

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