La numérisation du système de santé suisse se trouve à un tournant: alors que d’autres pays profitent déjà d’organisations de plus en plus interconnectées et de l’efficacité du numérique, la Suisse se bat encore contre des systèmes fragmentés et isolés.
Pourtant, il existe déjà des exemples positifs: des plateformes innovantes comme emedo montrent que le dossier électronique du patient(DEP) est plus qu’un système de classement numérique – c’est la clé d’un nouveau système de santé connecté.
Du silo de données au parcours du patient: la valeur de la mise en réseau
Le système de santé suisse est très développé, mais reste à bien des égards un patchwork de solutions isolées. Les patients passent par differentes étapes – médecin de famille, pécialistes, hôpital, rééducation – mais ces différents systèmes ne «parlent» souvent pas entre eux. Les informations sont collectées plusieurs fois, se perdent ou ne parviennent pas à temps aux bonnes personnes en cas d’urgence. Résultat: des retards, des coûts inutiles et des risques pour les patients.
Le DEP représente un changement de paradigme nécessaire: il rend les informationsimportantes pour le traitement, disponibles au-delà des limites du système – de manière sûre, structurée et consultable à tout moment. Il en résulte un véritable flux d’informations: les ruptures de prises en charge sont évitées, les informations importantes sur les patients sont directement consultables par chaque médecin, les soins deviennent plus efficaces et plus centréssur le patient.
Mais la mise en réseau ne se résume pas à la technique. C’est une question d’attitude et de volonté d’assumer ensemble des responsabilités. Tous les acteurs doivent s’engager dans cette transformation numérique ensemble et en unissant leurs forces: les fournisseurs de prestations et les payeurs.
Les plateformes, moteurs de la Transformation numérique
La numérisation du système de santé nécessite des plateformes qui permettent des ponts techniques et culturels. InterSystems et emedo sont des exemples de cette nouvelle économie de plateforme: ils proposent des infrastructures interopérables sur lesquelles les organisations de santé peuvent travailler ensemble et échanger des données – dans le respect de la protection des données et de manière évolutive.
La fusion de la communauté de base CARA Avec emedo et eSANITA en mai 2025 est un exemple actuel de la dynamique de l’environnement du DEP. Le groupement nouvellement créé constitue désormais la plus grande communauté de base du DEP en Suisse, avec plus de 79 % des établissements de santé participant au DEP. Il répond ainsi à la vision du Conseil fédéral d’une centralisation des infrastructures techniques, clé de voûte de la diffusion du DEP à grande échelle.
Outre la base technologique reposant sur la technologie InterSystems, la plateforme B2B intégrée et bien établie d’eSANITA offre une double approche. Elle sert à la fois à l’échange intégré de données entre les établissements de santé et à l’alimentation du DEP. Cela ouvre de nouvelles perspectives et crée des opportunités économiques au-delà du DEP.
La mise en réseau signifie aujourd’hui: créer des espaces de données communs, encourager la capacité de coopération entre les institutions et permettre des innovations qui vont au-delà de la gestion classique des patients. L’objectif est de créer un véritable écosystème numérique.
Seul le contexte crée de la valeur ajoutée
Les données numériques n’ont de valeur que si elles sont utilisées dans le bon contexte. L’accès au DEP est une étape importante – mais la véritable valeur ajoutée apparaît lorsque des donnéesstructurées, dont la qualité est assurée et qui sont intégrées, constituent la base d’une aide à la décision. Par exemple, les listes de médicaments, les données de laboratoire ou les informations sur les allergies provenant du DEP peuvent être directement intégrées dans les processus de décision cliniques et améliorer les soins.
C’est là qu’intervient la force des plateformes interopérables telles qu’InterSystems IRIS for Health® et InterSystems HealthShare®: elles permettent l’intégration de différentes Sources de données et prennent en charge des normes internationales telles que HL7 FHIR ou IHE, de sorte qu’il en résulte une mise en réseau sémantiquementpropre et sûre. Le DEP devient ainsi une source d’inspiration pour des modèles de soins innovants, des analyses basées sur l’IA et une médecine personnalisée.
Confiance grâce à la transparence et au centrage sur l’utilisateur
La numérisation a besoin d’acceptation. Celle-ci ne se produit que si les solutions sont simples à utiliser, faciles à comprendre et sûres. Avec l’application emedo, les patients ont à tout Moment un accès mobile à leur DEP, peuvent gérer individuellement les droits d’accès et gardent le contrôle total de leurs données. Un autre exemple est le «Patient circle»: un format qui permet aux patients de s’impliquer activement dans le développement du DEP et d’échanger avec les organisations de santé. De telles approches participatives renforcent la confiance dans la numérisation et garantissentque les besoins des utilisateurs sont au centre
des préoccupations.
Du projet à l’écosystème : la numérisation a besoin de Leadership et de responsabilité partagée
La transformation numérique du système de santé est une tâche commune qui va bien audelà des projets techniques. Avec DigiSanté, la Jochen Scharafin (à gauche) est directeur commercial au sein du département Santé d’InterSystems. Nicolai Lütschg est directeur de la communauté eHealth Aargau (emedo). La réduction des doublons lors de l’admission à l’hôpital et l’accélération des traitements grâce à des données patient fiables peuvent avoir de nombreux effets positifs.

Gestion de l'hôpital clinicum Romandie 2-25 43 Confédération a lancé un programme ambitieux visant à créer d’ici 2034 les bases d’un système de santé moderne et interconnecté.DigiSanté regroupe environ 50 initiatives qui s’attaquent à des défis centraux tels que les ruptures de prises en charge, le manque d’interopérabilité et les échanges inefficaces de données. Il s’agit notamment de la mise en place de registres nationaux, du développement de normes de données interopérables et de la création de services techniques de base communs.

Mais DigiSanté est délibérément conçu comme un programmecadre : L’État construit l’infrastructure, comparable à une autoroute, qui est à la disposition de tous. La conception proprement dite des soins de santé numériques – les «véhicules» sur cette autoroute et la direction que nous prenons – relève de la responsabilité des organisations de santé elles-mêmes.
Pour que la transformation numérique du secteur de la santé réussisse, il est essentiel d’impliquer activement les organisations de santé dans ce processus. Compte tenu de la grande complexité du sujet et de la charge existante pour les fournisseurs de prestations, une responsabilité claire en matière de direction est nécessaire – une attente qui est également clairementperceptible en Suisse.
Le rôle des acteurs tels qu’emedo et InterSystems est donc d’autant plus important: ils permettent de développer, sur l’infrastructure créée par l’État, des solutions innovantes, centrées sur l’utilisateur et interopérables. Ce n’est que si toutes les parties prenantes participentactivement à la conception que la base numérique peut donner naissance à un écosystème vivant qui crée une véritable valeur ajoutée pour les patients et les prestataires de soins.
DigiSanté peut donc ouvrir la voie – mais la véritable transformation ne réussira que si les organisations de santé, les partenaires technologiques et les patients prennent ensemble leurs responsabilités, définissent des objectifs et passent à l’action. C’est ainsi que la vision d’un système de santé connecté devient peu à peu une réalité vécue.
La numérisation n’est pas un projet informatique
L’introduction du DEP et la transformation numérique ne sont pas des projets informatiques isolés, mais un changement culturel global. Ils nécessitent une volonté d’investissement et un soutien politique, mais surtout la volonté de définir et de poursuivre Ensemble un objectif.
Les initiatives gouvernementales ne suffisent pas à elles seules à répondre aux attentes des acteurs. L’engagement des organisationsde santé elles-mêmes est nécessaire pour donner vie à l’infrastructure numérique – «l’autoroute» de la santé – et y développer des services innovants.
L’appel à toutes les institutions est donc le suivant: pensez en termes d’écosystèmes interconnectés et non d’applications isolées. Utilisez le DEP comme catalyseur pour permettre de nouvelles formes de collaboration, de participation des patients et de création de valeur. Ce n’est qu’ainsi que la Suisse pourra passer du statut de retardataireà celui de précurseur en matière de santé numériques.