Beaucoup d’éditeurs santé disent avoir “réglé” l’interopérabilité.
C’est souvent vrai. Pour un établissement. Puis il faut recommencer au suivant.
Le problème est là. Pas dans l’absence d’intégration. Dans sa répétition. Un connecteur par établissement, et ça recommence.
Chaque nouveau déploiement tend à générer son propre connecteur, son propre mapping, sa propre logique d’échange. Non par manque de rigueur, mais parce que chaque SIH a ses particularités. À court terme, c’est souvent la bonne décision. À moyen terme, c’est un modèle qui ne passe pas à l’échelle.
À la fin, ce n’est pas une capacité d’intégration. C’est une succession de projets. Vous n’avez pas industrialisé l’intégration. Vous avez industrialisé votre capacité à la bricoler plus vite.

Et c’est exactement comme ça que le spécifique s’installe.
À mesure que la base installée grandit, une part croissante du temps R&D est absorbée par le maintien et l’évolution de ces interfaces. Les nouvelles fonctionnalités prennent du retard, non par manque de ressources, mais parce que l’architecture traite encore chaque établissement comme un cas isolé — sans capitalisation d’un client à l’autre.
Le problème n’est donc pas que votre produit ne s’intègre pas. Le problème, c’est qu’il s’intègre encore trop cher, trop lentement et trop différemment d’un client à l’autre.
Pendant ce temps :
- la roadmap attend ;
- la dette grossit ;
- les déploiements s'allongent.
Le rapport du Groupe d’expertise Interopérabilité de France Biotech (avril 2026) met un chiffre sur une réalité connue du terrain : 79 % des répondants identifient les éditeurs de logiciels comme le principal point de blocage dans l’accès aux données.
Ce n’est pas un procès contre les éditeurs. C’est le signal d’un modèle d’intégration encore trop souvent traité déploiement par déploiement. Le problème n’a pas disparu. Il s’est installé dans votre modèle de déploiement.
Tant que la bonne question reste : “Comment raccorde-t-on ce client ?” vous resterez dans une logique projet. La seule question utile est celle-ci : “Comment arrête-t-on de réinventer l’intégration à chaque déploiement ?”
C’est précisément le sujet de notre livre blanc sur l’interopérabilité en santé : identifier les erreurs d’architecture qui entretiennent ce cycle, comprendre ce qu’elles coûtent et voir ce qu’il faut changer pour passer enfin à une logique produit.



































