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Les tests de détection d’anticorps contre le SARS-CoV-2

COVID-19

Par Russ Leftwich, MD, Conseiller clinique principal, Interopérabilité, InterSystems

Russ Leftwich, MD, Conseiller clinique principal, Interopérabilité, InterSystems

Depuis janvier dernier, il a été beaucoup question dans la presse de dépistage du COVID-19, la maladie due au syndrome respiratoire aigu sévère associé au Coronavirus 2 (SARS-CoV-2). Plus récemment, des tests de détection d’anticorps relatifs à ce type de coronavirus sont apparus, appelés également tests sérologiques. Mais en quoi ces tests sont-ils différents et que sont les tests de détection d’anticorps ? Le test pratiqué afin de « vérifier si vous êtes atteint du COVID-19 » est un test qui détecte le matériel génétique du virus lui-même, généralement grâce à un prélèvement dans les voies nasales ou de fluide dans les poumons. Le test de détection d’anticorps implique le prélèvement d’un échantillon sanguin afin de vérifier si votre système immunitaire a répondu au virus en produisant des anticorps.

Que sont les anticorps ? Les anticorps sont des protéines produites par un type particulier de cellules au sein du système immunitaire, appelées lymphocytes B. Les anticorps sont produits en réponse à une substance étrangère appelée antigène, dans ce cas précis, le virus SARS-CoV-2. Les anticorps, appelés également immunoglobulines, sont des molécules protéiques en forme de Y. L’extrémité de chaque bras du Y est une zone reliée à une zone spécifique de l’antigène et s’emboîte telle une pièce de puzzle uniquement dans cette zone.

Le virus SARS-CoV-2 peut comporter des douzaines, voire des centaines de zones distinctes, chacune identifiée par une molécule d’anticorps différente. En cas de réponse immunitaire, le système immunitaire produit une famille d’anticorps qui reconnaît différentes parties du virus.

On appelle cela une réponse polyclonale car chaque membre de la famille des anticorps est produit par un clone différent de lymphocytes B. Ainsi, deux individus distincts produiront deux familles différentes d’anticorps en fonction de leur propre code génétique. Lorsque le système immunitaire rencontre un agent infectieux pour la première fois, qu’il s’agisse d’une bactérie ou d’un virus, il produit d’abord des immunoglobines M (IgM). Les IgM commencent à apparaître plusieurs jours après le début de l’infection. Quelques jours plus tard, un second type d’anticorps, les immunoglobines G (IgG) commencent à apparaître à leur tour. Les IgM et les IgG sont des familles d’anticorps qui luttent contre le virus SARS- CoV-2.

Les IgM produites commencent généralement à disparaître en l’espace de quelques semaines. Les anticorps IgG contenus dans le sang continuent à augmenter pendant quelques semaines et peuvent être présents dans le système immunitaire durant plusieurs mois avant de disparaître.

Tous les tests de détection d’anticorps contre le virus SARS-CoV-2 sont-ils les mêmes ? Au début de mai 2020, plus de 100 types de tests de détection d’anticorps étaient disponibles. Chaque test a été développé séparément. Certains tests permettaient de détecter les IgM, d’autres les IgG et d’autres encore les deux. Les tests permettaient de détecter la présence ou l’absence d’anticorps. Bien qu’il soit possible de mesurer le niveau d’anticorps, c’est-à- dire le titre d’anticorps, aucun de ces tests ne le fait réellement.

Il existe très peu d’informations concernant la précision des tests disponibles mais il a été observé que certains d’entre eux présentent un taux élevé de faux positifs et que deux ou trois tests pratiqués sur le même individu sont susceptibles de ne pas concorder sur la présence d’anticorps. Aux États-Unis, plus de 20 tests différents de détection d’anticorps ont été retirés du marché du fait de leur manque de fiabilité.

Que savons-nous à propos des réponses immunitaires au SARS-CoV-2 ? Comme pour la plupart des infections, les IgM anti SARS-CoV-2 commencent à apparaître chez certains individus environ 3 à 5 jours après le début de l’infection. Cependant, en fonction de la sensibilité du test de détection, il peut se passer 3 semaines avant que certains individus expriment des IgM anti SARS-CoV-2. Les IgC anti SARS-CoV-2 commencent à apparaître environ quelques jours après les IgM.

Un petit pourcentage d’individus, environ 5 % de ceux atteints par le COVID-19, présentant des symptômes avec un test positif au virus, semblent ne pas développer d’anticorps, même lorsqu’ils ont guéri du COVID-19. Comment cela est-il possible ? La réponse est que la production d’anticorps ne constitue pas la fonction première du système immunitaire qui élimine une infection virale. Les anticorps, en revanche, constituent la première protection contre une prochaine infection virale.

Virus Picture

La présence d’anticorps constitue-t-elle une immunité contre le COVID-19 ? Nous ne connaissons pas la réponse. Nous ne savons pas encore si les anticorps présents empêcheront la survenue d’une prochaine infection due au SARS- CoV-2. Si c’est le cas, nous ne savons pas combien de temps les taux de ces anticorps resteront suffisamment élevés pour fournir une protection.

Les anticorps qui protègent des prochaines infections sont nommés anticorps neutralisants. Il est possible d’évaluer la capacité de neutralisation des anticorps en les prélevant sur un patient guéri du COVID-19 et en les utilisant pour bloquer l’infection au SARS-CoV-2 chez un animal, mais l’unique preuve absolue est la prévention d’une réinfection d’un humain lors d’une épidémie due au virus SARS-CoV-2.

L’objectif de la vaccination contre le COVID-19 consiste évidemment à induire des taux élevés d’anticorps neutralisant sur un grand pourcentage d’individus recevant le vaccin. Une fois encore, la seule preuve absolue de la présence d’anticorps et de l’efficacité du vaccin est l’exposition d’individus vaccinés au SARS-CoV-2 lors d’une prochaine épidémie.

Le dépistage d’anticorps anti SARS-CoV-2 tiendra une place grandissante au fil de l’évolution de l’épidémie. Il sera crucial d’améliorer la compréhension de la réponse des anticorps face à ce type de coronavirus et de comprendre également ce que les différents types de tests d’anticorps permettent de mesurer. Mais plus important encore peut-être sera la possibilité d’évaluer la précision des différents tests d’anticorps et de les comparer.

La première étape consistera à effectuer un codage approprié des différents tests afin de réfléchir à l’origine des échantillons testés, à la nature de ce qui est testé, aux méthodes utilisées afin d’inclure le dispositif spécifique, l’encodage des résultats et l’évaluation de la valeur prédictive de chaque test.

Seulement alors serons-nous en mesure d’évaluer le niveau de protection des individus en fonction de leurs taux d’anticorps, l’efficacité des vaccins et de développer nos connaissances concernant la façon de contrôler le COVID-19 à l’échelle de la population. Les pratiques concernant le codage des tests relatifs au COVID-19, y compris les tests d’anticorps contre le virus, seront abordés en détail dans un prochain article.


Cet article a été publié dans la newsletter du 10 juillet 2020 :
HealthShare Connexions Flash Info n° 3
et dans le 20 juillet 2020 : OnTrak Flash Info n° 5

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